Rolando Andrea_Cours de Toponymie Valdôtaine
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Rolando Andrea_Cours de Toponymie Valdôtaine
Cours de Toponymie Valdôtaine Présentation du cours : Le sens des noms des lieux a toujours fasciné l’homme. Essayer d’expliquer les toponymes obscurs a porté beaucoup de gens à s’occuper de la matière, mais parfois, le fait de ne pas posséder les compétences nécessaires limite la qualité des ouvrages publiés. Le cours portera sur les principes de base de la toponymie, sur les caractéristiques des toponymes, sur les méthodes scientifiques utilisées pour étudier les noms des lieux ; comment il est possible de connaître la morphologie d’un territoire, l’histoire, ancienne et récente, d’un pays, la vie des gens qui habitaient le lieu rien qu’en lisant une carte géographique ; les phénomènes auxquels il faut faire attention (par exemple la remotivation, invention du sens du toponyme lorsqu’on a oublié l’originel), pour éviter de mal interprété la signification d’un nom de lieu. Le cours, tout en faisant appel à l’aire européenne, se concentrera sur la toponymie valdôtaine et en particulier sur les noms liés à la roche, à l’eau et aux plantes. On pourra réfléchir sur les évènements et les motivations qui ont porté, en Vallée d’Aoste, au Süd-Tyrol, en France (pendant la Révolution), et en Alsace à décider de changer les formes officielles des toponymes. Lecture de cartes géographiques de la Vallée d’Aoste. Construction d’un paysage toponymique. Thèmes - L’onomastique, du nom commun au nom propre. - La formation d’un toponyme. - Les caractéristiques d’un toponyme. - Les buts de la toponymie. - Introduction à l’histoire des études toponymiques. - La méthode d’étude en toponymie. - Toponymie comme image et symbole de la culture et de l’identité d’une communauté. ! !1 L’onomastique, du nom commun au nom propre Définition de onomastique : Dictionnaire Petit Robert : « ling. 1. Étude, science des noms propres et spécialement des noms de personnes (anthroponymie) et de lieux (toponymie). » DPR MOUNIN G. 1974, Dictionnaire de la linguistique, Quadrige, Presses Universitaire de France, Paris. : « Discipline linguistique dont l’objet est l’étude des noms propres ; parfois employée à la place d’anthroponymie pour l’étude des noms des personnes. » - Anthroponymie : Étude des noms humains Pour l’anthroponymie valdôtaine est à signaler l’œuvre du prof. Gianmario Raimondi (v. bibliographie) et le projet ASAVDA, Archivio Storico Antroponimico della Valle d’Aosta (site : turcotti.it). - Toponymie : Étude des noms de lieux (topos et onoma) Pour la toponymie valdôtaine est à signaler l’œuvre du BREL (Bureau Régional Ethnologie et Linguistique) et le projet, Enquêtes toponymiques en Vallée d’Aoste. Attention ! : Onomasiologie ≠ onomastique MOUNIN 1974 : « […] discipline s’intéressant aux signification […] en partant du monde vers l’expression linguistique, des choses et des concepts vers les formes, surtout lexicale. Rechercher tous les noms différents de la limace […] » Semiologie : MOUNIN 1974 : « Science qui traite des systèmes et des ensembles […] de signes servant à la communication. » L’onomastique est 1. Étude du système de dénomination du monde réel et de son évolution en diachronie. 2. Plus récemment une réflexion sur la nature du nom propre dans le système linguistique et sur ce qui distingue le nom propre du nom commun. Réflexion sur la définition de nom commun et de nom propre : Où se trouve la distinction entre nom propre et nom commun ? Il ne faut pas se baser sur la majuscule (comme on nous dit à l’école) car on ne l’entend pas à l’oral. Le nom peut avoir l’article. Il ne faut pas non plus se baser sur le sens du nom, car il n’est pas lié à la personne. Ex. : Claude Les noms propres indiquent un individu ou un élément bien déterminé. !2 Le nom propre se désémentise très vite, soit pour l’individu que pour le lieu, surtout s’il y a un changement de langue, mais même l’aspect de la désémentisation ne suffit pas à distinguer le nom propre du nom commun. ! !3 La formation d’un toponyme Le toponyme naît du lexique commun et à travers un long processus d’individualisation se transforme en nom propre pour être lié à un élément bien déterminé (un pré, un torrent, un bois …). ⇒ nom commun nom propre ! Typologies des noms des lieux Toponyme (nom de lieu) Hydronyme (nom de cours d’eau) Oronyme (nom de montagnes, reliefs) Hagionyme (nom lié aux noms des saints) Exonyme (Ex. : Parigi pour Paris ; Aosta pour Aoste (!). Certains toponymes ont leur/s exonyme/s correspondant, d’autre non.) Microtoponymie (lieu « petit ») / macrotoponymie (lieu « grand ») Tous les domaines précédemment cités sont interconnectés ; par exemple des microtoponymes peuvent devenir des macrotoponymes, des noms de personnes, peuvent devenir des noms de lieux. Le processus d’individualisation La transformation de nom commun à nom propre peut se faire en ajoutant des adjectifs à des mots comme lo tsan, lo pro, lo pon. Ex. : tsan + lon > Champlong gran + tsemin > Grand Chemin Ou bien avec la construction de syntagmes. Ex. : lo tsan + dou molin > lo Tsan dou Molin lo toron + dou molin > lo Toron dou Molin La direction de dénomination Ex. : Le Pra Là Outre ‘les prés là-bas’, La Poyà ‘la montée’. Depuis quel endroit on dénomme un lieu ? Le concept de direction de dénomination peut être important dans l’idée de déplacement des noms des lieux. Motivations valables La motivation est très importante pour l’onomastique. En toponymie c’est souvent le règne de la banalité. La dénomination est souvent locale, le village c’est notre village. Le Col est le col par excellence. Les noms liés à des légendes ou à des anciens dieux sont plus rares. !4 Ex. : Les Rocky Mountains ‘montagne rocheuse’, La Borna di Faye ‘trou des fées’ (attention aux Borne di Fèye ‘trou des brebis’), Lyon < Lugdunum (ville de Lug, divinité gauloise). Mont-Rose ‘glacier’ L’explication de ce nom par la couleur rouge de la neige au coucher du soleil n’est pas satisfaisante, v. le paragraphe dédié à la remotivation. Chamois ‘nom de personne?’ - « Quanto all’origine del toponimo Chamois […] pare proprio trattarsi di voce analoga al francese chamois ‘camoscio’. » DT Attention ! : fr. Chamois = fp. Tsamoué ; fr. le chamois = fp. lo tsamos. Cfr. aussi DTCS : « Aigle VD [canton de Vaud] les noms d’animaux purs (sans suffixe) ne sont pas attesté en toponymie. En revanche, les toponymes identiques à des noms de personne se rencontrent dès l’époque romaine en Suisse romande et notamment au Moyen Âge. » ! !5 Les caractéristiques d’un toponyme - Nom propre. - Peut avoir une forme écrite ou bien ne jamais avoir eu de forme écrite, mais seulement une forme orale. - Opacité : le sens du toponyme peut devenir obscur aussi à cause des changements de mode de vie qui portent à ne plus utiliser certains toponymes où certains mots, à cause de la perte de la langue pour en adopter une autre. Ex : Peson ‘cascade’, Nés ‘routoir’, Raffort ‘four à chaux’. - Conservativité : malgré tous ces changements et le temps qui passe on continue quand même à utiliser les toponymes. Employés par une communauté qui a changé de langue ou qui parle une autre langue les toponymes peuvent changer de forme/prononciation, tout en se conservant. Les toponymes sont à considérer comme des épaves du passé. Ex. : Augusta > Aoste, Quartum > Quart, *Calventiuscus > Charvensod. Note : L’italianisation de la Vallée d’Aoste et l’utilisation constante de l’italien à la place du patois et du français a porté les valdôtains d’origine et non à prononcer à « l’italienne » certains toponymes de la région. Dans un futur, il faudra étudier les toponymes les noms des lieux valdôtains dans leur forme française et francoprovençale à travers le filtre de la prononciation italienne. Ex. : ! Bard = [bard] pour [baʀ] Charvensod = [ʃarvɛnsˈo] pour [ʃaʀvãsˈo] Châtillon = [ʃatiˈɔn] pour [ʃatiˈ!] Cogne = [cˈɔɲe] pour [cˈɔɲə] Courmayeur = [kuʀmajˈør] pour [kuʀmajˈœʀ] Donnas = [dˈɔnːas] pour [dɔnˈas] Fénis = [fˈenis] pour [fenˈis] La Salle = [la sˈalle pour [la sˈalə] Montjovet = [m!ʒovˈe] pour [m!dʒˈove] Morgex = [mɔʀʒˈɛks] pour [mɔrʒˈe] (tj français) Pont-St-Martin = [pɔn sɛn martˈɛn] pour [p! s! mart ˈ!] St-Vincent = [san vɛn sˈan] pour [s! v! sˈã] Verrès = [vˈɛrːɛs] pour [vɛʀˈɛs] ! ! !6 Les buts de la toponymie Restituer la clarté, les toponymes étant des véritables épaves du passé. Permettre de comprendre la morphologie du terrain, l’histoire, la faune, la végétation, la vie de la population. Ex. : La toponymie a été utilisée pour expliquer des faits historiques très anciens. À la diffusion du radical klapp- ‘pierre’ en toponymie a été associée l’aire de peuplement des Ligures, population prélatine. Au le Sud-Est de la France et peut-être aussi les zones voisines du Piémont et de la Ligurie méridionales il y aurait un espace qui n’a jamais été celtisé. ! !7 ! !8 Introduction à l’histoire des études toponymiques La toponymie commence vers la moitié du XIXème siècle comme science complémentaire de l’histoire. Henri d’A. de Jubainville (1827-1910) : juriste, il s’est intéressé à la toponymie celtique. Étymologies souvent fantaisistes. Auguste Longnon (1844-1911) : professeur au collège de France. Des éditions rééditées sans se rendre compte qu’il était dépassé. Albert Dauzat : pas fiable, mais position importante. Auguste Vincent : (belge), pour l’époque beaucoup mieux par rapport à d’autres. Jaccard Henri : même s’il ne faut pas croire à certaines explications il est sérieux. Il connaissait le patois, mais il ne connaissait pas les vieilles formes. Jules Guex : amateur, pas mauvais, il connaissait le dialecte et le territoire. Chessex : pas fiable. Ouvrages anciens remis sur le marché. Pas la peine de consulter. Ascoli, Bertoldi, Trombetti : à éviter. Pendant les années 1920 jusqu’aux années 1940/50, on essaye de démontrer l’existence des peuples et des langues méditerranéens, qu’ils auraient été effacés par l’avancées des indoeuropéens. On attribue à ces peuples des radicaux de mots qu’on ne sait pas expliquer par le latin. Mais la méthode est défectueuse, le découpage des mots n’a aucun sens, les anciens toponymistes imaginent une forme ancienne en rattachant le maximum de toponymes de l’aire méditerranéenne sans vérification phonétique. Johannes Hubschmid (fils) : à éviter. Aebischer : ok. Bossard : Bon, tout à fait fiable, s’adressant à un public générique. Müller : Il n’a pas écrit de publications d’ensemble, mais des articles. En dehors de Müller le reste est vieilli. Tout ce qui précède l’année 1950, n’est pas fiable. Bessat: très bon travail transfrontalier. Chambon : ok. En dehors des textes principaux il y a toute une série d’ouvrages faits pour satisfaire le grand public et qu’on ne devrait même pas consulter. L’homme à besoin d’interpréter le passé, de connaître son histoire et à travers la toponymie on a des informations que la documentation écrite n’offre pas. La préhistoire est vivante à travers les toponymes. Nombreux noms indiens restent dans le langage d’aujourd’hui (pensons aux noms des états américains). L’onomastique à une mauvaise réputation à cause de cet amateurisme qui porte à pouvoir tout dire sans pouvoir choisir les réponses effectivement possibles ; comme de son emploie pour un usage politique. Par exemple les Allemands ont cherché à démontrer que le nord de la France était germanique. Les Français que les basques au nord des Pyrénées étaient des immigrés. Les Italiens que les terres francophones, germanophones et slavophones d’Italie avaient toujours été latines et italiennes (v. chapitre sur la toponymie comme image et symbole d’une culture). ! !9 La méthode d’étude en toponymie 1 - Connaissances nécessaires: 2 - Le signifiant 3 - Le sens du toponyme 4 - Confrontation avec les autres explications proposées 5 - Reconstruction de l’étymon et du sens du mot 1 - Connaissances nécessaires: L’onomastique nécessite de préparation spécifique technique, phonétique, historique, géographique (il faut tout vérifier quand on fait une enquête). Exemple de bon travail : DTCS : « Vallon FR […] Vallon est apparemment un nom transparent qui correspond au diminutif du nom commun val ‘vallée’, formé avec le suffixe -on. Jaccard (1906 : 487), Chessex (1945 : 89) et Aebischer (1976 : 208) ont expliqué le nom de cette manière. En réalité, le constat géographique et toponymique s’oppose à cette interprétation : Vallon est situé à flanc de coteau, au-dessus de la plaine de la Broye, et le seul petit vallon qui se trouve à quelque distance à l’est du village s’appelle les Vaux […] Il est donc plus probable que Vallon - site d’une importante villa romaine - reflète un nom de personne latin tel que *Vallus (le gentilice Vallius est fréquent […] utilisé en fonction absolue, avec le changement de déclinaison (*Vallus, *Vallone) qui est bien attesté dans d’autres noms de lieux en Suisse romande […] » ! - Connaissance de la langue locale Il est inconcevable faire une étude en toponymie sans connaître la langue. Il faut pour cela, quand il est nécessaire, travailler en équipe. En travaillant avec les archives on peut faire un bon travail même si seul. Il ne faut pas confronter des toponymes qui se ressemblent dans des langues différentes. ! - Dans notre cas : le francoprovençal, caractéristiques - Oxytonie et paroxytonie ; le -X et le -Z… un choix pratique - La palatalisation - La Haute et la Basse Vallée d’Aoste ! - Connaissance de la langue locale en diachronie La toponymie est une science pluri-lingue, aussi en perspective diachronique. C’est une question délicate. Il y a les substratophiles et les substratophobes. Les connaissances du gaulois (indoeuropéen) sont assez rudimentaire. En ce qui concerne les préindoeuropéens / méditerranéens on n’est même pas sûr qu’ils aient existés. Lorsqu’on écarte toutes les possibilités dans les langues plus proches alors on peut commencer à parler de préindoeuropéen. En partant de la couche plus récente et en remontant vers la plus lointaine, mais la certitude et relative. S’il nous reste quelque chose des langues anciennes c’est des résidus. Aujourd’hui on préfère parler d’anciennes chouches indoeuropéennes. ! Ex : !10 karra/garra Roc de Chère (Alpes) prob. tautologie, carra ce n’est pas carrà < quadratum ‘roc écarré’. ! - Connaissance de l’histoire locale - Connaissance de la géographie locale Dauzat met des pics (dans le Béarn) dans des zones plates. 2 - Le signifiant - Connaître la prononciation du toponyme dans la langue locale. - Les archives Il faut connaître les attestations écrites. Il faut lire un nom écrit à travers le filtre de qui l’a écrit. C’est vrais que les noms survient au temps mais il faut faire attention à ces phénomènes, remotivation, réinterprétation orthographique. À cause de ça on perd des bases solides et il faut être méfiant. Il faut toujours chercher les documents qui nous rapprochent de la forme la plus ancienne. Ex. : Lo Bé beu ‘le beau bois’ < André Belbosc / Le Veugne ‘les vignes’ < Mme Vignaz (Antey-St-André) - La réflexion phonétique historique Ex. : Fontara ‘source’ < fontana et non de fons + ar ‘eau’ 3 - Le sens du toponyme - Il faut connaître le sens que les locaux donnent au toponyme. Attention au phénomène de la remotivation. Il y a une opacité de la motivation au moment où on change de langue. Alors on cherche à redonner un sens au nom (remotivation). C’est le cas de l’étymologie populaire créée souvent par attraction omonymique, vers une forme courante qui possède un sens clair. La remotivation est importante parce qu’elle montre le désir de l’homme de donner un sens aux choses. Parfois on ajoute une légende, ça rend la chose plus crédible. Dans pas mal de cas les responsables des remotivations ce sont les notaires (même d’époque ancienne) et les cartographes qui interprètent les noms de lieux sur la base de leurs connaissance limitées. Ex. : Mont-Rose (VdA) Bella Fagus > Beau four (Calvados- Normandie) Bois Guntranni > Beau Garant (France) Curtis Dominica > Courte Manche (France) in Prato Ambleno > Pain Blanc (France) Le Grand Crêt d’Eau > Le Grand Credo > Le Grand Crêt d’Au (St-Jean d’Aulps) Col de Le Saypas (Pyrénées) Le Gran Quaglie (Antey) Le Grand Prix (Antey) Faccia Bella (VdA) Il Lago Perso (VdA, Ayas, au pied des Cimes Blanches) Bière (Vaud) ‘lande’ en celtique, mais remotivé en bière pour porter le saint. Aroleit : nom roman remotivé par les germanophones du Valais. Un vautour aurait volé le bébé et causé la tristesse de la mère. !11 TroisTorrents : Valais Bagnes : Valais : les gens disent que là il y avait des bains ensevelis par un éboulement. Muret propose nom de personne Bannius. Kristol, forme de cuvette ou terrain baigné par l’eau. ! !12 - La confrontation avec d’autres toponymes du même genre Ex : Peson ET Antey-St-André n° toponyme ! fiche cat. description 1113 Z Inconnu. 1315 Z Inconnu. 1241 Z inconnu, le mot Chi indique le hameau de Suisse, dans la commune de Chamois. 339 A03! lo Pró = le pré C03 selon le témoin pourrait indiquer une bosse du terrain. Z Inconnu. 1143 Valsavarenche : Torrent Peson Chamois : lo Peson Une vérification du terrain permet de dire que le point en commun est la présence d’une chute d’eau. Le sens de l’hydronyme Peson est prob. ‘cascade, chute d’eau’. Ex : Lod Ce type toponymique se trouvent depuis une première recherche, sous la forme Lod, Loz, Lot, à Valtournenche, Chamois, Antey-St-André, Emarèse et Verrayes. Ce type semblent être typique de la zone centrale de la Vallée d’Aoste. D’autres noms de ce genre pourraient ce cacher sous d’autres formes en Vallée d’Aoste. Une vérification du terrain permet de dire que le point en commun est la présence d’un lac, étang. Le sens de l’hydronyme Lod est prob. ‘lac, étang’. - Tautologie Roc de Chère (Alpes) Col Fenêtre (VdA) Col Portola (VdA) Lac de Lod (VdA) La tséte dou Peson (VdA) Col de Port (Pyrénées) - Le mouvement des noms des lieux Plusieurs noms de montagnes sont liés à un endroit qui se situe plus en bas. Le toponyme « monte ». - Les bases toponymiques (radicaux) et les affixes (surtout suffixes) 4 - Confrontation avec les autres explications proposées 5 - Reconstruction de l’étymon et du sens du mot !13 - « etimologia remota et etimologia proxima », un mot pré-latin peut être emprunté par le latin et devenir latin. ex. la Sagne, la Barme. Un lieu qui s’appelle Barma peut être très récent même si l’étymologie est celtique. Pour des noms on a souvent plusieurs explications possibles. De là la mauvaise réputation de la toponymie. ! Parfois c’est mieux dire de ne pas savoir. (A. KRISTOL) !14 Exemple du DTCS : Toponyme : Troistorrents Localisation : VS (Valais), (Monthey), Suisse Formes phonétiques : fr. [tʀwatoʀ!]; fp. [a tʀetɔʀ!] Attestations historiques (sélection): 1263 cum capellis suis, scilicet de Tretorren DTCS 1283 homines de Columberio de Tretorrentibus DTCS 1283 de Tribus Torrentibus DTCS 1286 de Tribus Torrentibus DTCS Note: L’attestation 1258 Troistorrens, citée par Furrer, 77 et reprise dans GPSR doc, est inexistente selon Armorial valaisan, 264. Il pourrait s’agir d’une faute de frappe pour 1268; c’est à cette date que Troistorrents a été érigé en paroisse (mül). Explication : « […] réinterprétation déjà ancienne de la forme dialectale Trétorèn. […] Tretorren reflète un latin trans torrentem ‘au-delà du torrent’ (Jaccard 1906: 477). En effet, sur la route qui monte de Monthey à Champéry, Troistorrents est le premier village situé audelà de la Vièze de Morgins. Le latin trans ‘au-delà, de l’autre côté’ (> francoprovençal trey, tres) et le latin tres ‘trois’ ont été confondus très tôt par l’évolution linguistique. […] les ruisseaux et les torrents ne manquent pas dans le voisinage de Troistorrents. […] Par la suite, la commune s’est dotée d’armoiries qui justifient après coup cette nouvelle interprétation […] » ! ! !15 EX : Mont Méabé (Torgnon) PELAZZA - FORCELLINI 2011 : Méabé cfr. meia, meana ‘paglia’; mea-bé ‘mena bel tempo’. COSSARD 2001: cfr. nome della divinità etrusca Meane. ROLANDO 2003-2006 : Méabé. Dans le patois de Torgnon le r intervocalique « simple » tombe, cfr. le microtoponyme la Barée fiche n° 1134, ‘la barrière’ (ET Torgnon). Dans les patois voisins où il ne se passe pas n > r > 0 (Valtourneche fanétra ‘fenêtre’ > farétra > faétra), et le n se conserve le mont n’est pas appelé *Ménabé. Méabé serait alors un ancien Mérabé à rattacher à plusieurs noms de ce genre qui se réfèrent à des montagnes. L’écriture sans r pourrait être due à la période de passage entre le cadastre sarde et le cadastre actuel, où on écrivait les noms sur la base de la prononciation locale parce que les enquêteurs italophones ne connaissaient pas le patois et/ou le français. L’explication mea-bé ‘mena bel tempo’ on ne peut pas l’accepter. La proposition de Cossard est à rejeter. Bé provient effectivement de bellu(m) ‘beau’ et on peut écarter la proposition de Rousset (1988), p. 32 qui suppose qu’« il n’est pas impossible que les Miribel toujours sur des situations dominantes aient été de simples BEL [‘hauteur, montagne’] rhabillés habilement. » La méthode de Rousset n’est pas fiable et se base sur des plus anciens travaux de recherche de radicaux méditerranéens qui ne sont pas, eux aussi, fiables. DAUZAT - DESLANDES - ROSTAING 1978 ; DAUZAT - ROSTAING 1989 Miribel : « Comp. du verbe mirer, anc. prov, mirar, regarder, et de l’adj. beau, anc. fr. bel ; désigne une hauteur d’où on voit loin [...] » PELLEGRINI (1994), « mira ‘belvedere’ (deverb. di mirare) [...] Mira-bella frequente nel Veneto […] » FEW 6, II-III, 148 mīrari On se trouve probablement en face d’un toponyme d’origine latine *Mirabel. On retrouve ce type toponymique sous les formes mirabel et miribel. Pour la carte, on a utilisé les données de Dauzat (DR) de Bessat - Germi (2004), p. 284-285. Le DTI et Pellegrini (1994) ne mentionnent pas ce type toponymique. Afin de compléter la carte pour l’Espagne et l’Italie on a fait une simple recherche internet à l’aide du site www.viamichelin.fr. Pour la Vallée d’Aoste, on a utilisé les données ET et repéré les noms de lieux Mîballa à Arvier et Méabé àTorgnon, peut-être Marabéi à Donnas. On peut supposer l’existence des formes *miribella, *mirabel et *marabel < mirabel (cfr. Tsahtéi fiche n° 945 ET, ‘château’). Les descriptions de la morphologie du terrain des ET permettent de considérer comme sûr uniquement le toponyme Méabé de Torgnon, une visite du lieu serait souhaitable. Ce toponymique peut être employé pour différencier l’occitan et le francoprovençal. Bessat Germi (2004), p. 284 confirme que « les attestation toponymiques sont de type Méribel ou Miribel en domaine francoprovençal et Mirabeau ou Mirabel en domaine occitan, avec quelques interférences de la première série en divers points de rencontre des deux aires dialectales. » La basse Vallée d’Aoste semble être encore une fois plus conservatrice que la haute et plus près de la partie occitane et gallo-italique. ! !16 ! ! !17 ! ! !18 Toponymes comme image de la culture et de l’identité d’une communauté Réflexion : Pourquoi le toponyme est important, pourquoi il nous intéresse ? Pourquoi l’image du toponyme est importante ? Pourquoi on veut changer le toponyme ? Pourquoi on veut le changer en une autre forme ? Pourquoi on veut le changer en un autre langue ? Le toponyme semble posséder l’image d’un peuple, de sa culture, de son identité. Changer cette image signifie changer l’image du peuple en question. Changer le toponyme signifie cacher l’ancienne image d’un peuple aux yeux des personnes, du peuple même et des autres communautés. Qui a l’intention d’effacer l’image et la culture d’un peuple cherche donc à cacher le passé, considéré comme du vieilli, comme une épave inutile qu’il est bien de perdre, pour se lancer vers le « futur », représenté par des nouveaux idéaux philosophiques et de vie et/ou par une nouvelle culture/langue (souvent appartenant à la communauté dominante ou vu comme dominante). On va maintenant affronter quatre cas, différents par la période, par la région géographique ou par les motivations qui on porté à un fait commun, le changement de la toponymie officielle (d’une forme à une autre ou d’une langue à une autre). ! 1- Le cas de la France pendant la Révolution française 2- Le cas de l’Alsace 3- Le cas du Süd-Tyrol 4- Le cas de la Vallée d’Aoste ! 1- Le cas de la France pendant la Révolution française : ! La Révolution française a apporté des nouvelles idées qui ont parcouru l’Europe et des innovations pratiques qui ont influencé notre vie aussi (le système métrique). Pour les plus éminents représentants de la République, pour les plus fervents idéologues de la Révolution ce moment a représenté aussi une occasion de « couper » avec le passé. Les révolutionnaires ont essayé de changer le visage linguistique de la France dans la toponymie et dans l’anthroponymie. Les études de la toponymie de cette période permettent de comprendre les idées qui circulaient à cette époque. KRISTOL 2005/06 : « Avant Napoléon la Révolution s’est autodétruite par elle-même à cause de ses excès. » Pendant cette période une véritable politique onomastique, consciente et voulue, à été mise en place afin de lutter contre tout ce qui représentait ou rappelait l’Ancien régime, la royauté, le système féodal et l’Eglise. Outre à une nécessité pratique de remodeler la division territoriale française et dépasser la complexité médiévale les révolutionnaires cherchent à rompre les limites historiques des !19 duchés et comtés (Proposition de découpage en carreaux égaux ou 120 dép. avec même nombre d’habitants). Disparaissent alors les noms historiques changés pour le ¾ en noms de rivières (Savoie et Haute Savoie feront partie de la France en 1870). KRISTOL 2005/06 : « Les révolutionnaires ont fait un bon travail jusqu’à un certain point », un exemple est le dép. de l’Ariège, coupé par les montagnes, formé par deux vallées qui n’ont pas le même dialecte. On ne parlera plus de ville, village ou bourg, mais de commune (10 brumaire de l’an II/31 octobre 1793. Les propositions pour le changement de noms des communes viennent aussi des sociétés patriotiques de la Révolution. Environ 4000 noms ont été changés (le 10%), selon les régions de 30% à 2%. En Alsace, par exemple, très peu, on ne comprenait pas l’allemand. Les noms qui nous restent : Collège de France, Place de la Concorde. ! !20 ! ! !21 Exemples : Ardèche Nom de département promulgué par décret de l’Assemblée nationale, le 26 février 1790. Du nom de la principale rivière qui le traverse. BILLY 2011 Bar-le-Duc Pendant la révolution il portera deux noms : en 1790 Bar-sur-Ornain ; « en l’an II la ville est provisoirement appelée Bar-sur-Meurthe, alors qu’elle est baignée par l’Ornain et située à quelque 70 Km à l’est de la Meurthe. » BILLY 2011 En 1801 de nouveau Bar-sur-Ornain et, sous la Restauration, entre 1815 et 1818 on retourne au nom de l’Ancien Régime, Bar-le-Duc. La ville est appelée comme ça parce que, soumise à un comte, il relève du duché de Lorraine. Bonneville « En l’an II la ville est provisoirement appelée Mont-Mole et Mont-Moloz […] du nom d’une montagne voisine. » BILLY 2011 Peut-être parce que fondée par Pierre II de Savoie en 1283. Bordeaux « En l’an II la ville est provisoirement appelée Commune-Franklin, du nom d’un des grands hommes de la Révolution. » BILLY 2011 Bourg-en-Bresse « En l’an II la ville est provisoirement appelée Bourg-Régénéré, sur l’adjectif d’un des grands thèmes de la Révolution ; les autres noms révolutionnaires, Épi-d’Ain et Épid’Or, font allusion à la production céréalière de la région » BILLY 2011 Chantilly « En l’an II la ville est provisoirement appelée Champ-Libre : le premier élément est issu d’un calembour sur la première syllabe de Chantilly, le second relève de la devise républicaine. » BILLY 2011 Châteaubriant « En 1790, avec les premiers changements révolutionnaires, le nom de la ville est remplacé par Montagne-sur-Chère, en référence au promontoire sur lequel est assis le château, avec pour déterminant le nom de la rivière qui baigne la ville. » BILLY 2011 Fontainebleau « Résidence royale dès le XII Fontainebleau-la-Montagne, du nom d’un des thèmes mystiques de la Révolution, réduit à Fontaine-la-Montagne puis, en utilisant l’antonyme, à Fontaine-le-Vallon. » BILLY 2011 Fontenay-leComte « Le 15 novembre 1793, pendant la Guerre de Vendée, la ville est provisoirement appelée Fontainebleau-le.Peuple, d’un des grands thèmes de la Révolution, en abolissant un symbole de l’aristocratie […] » BILLY 2011 Gironde « Les noms des départements furent promulgués par décret de l’Assemble nationale, le 26 février 1970. […] À sa création il reçoit le nom de département de la Gironde, du nom du fleuve qui le traverse. Suite aux mouvements des députés dits Girondins, et à des agitation de la population, la Convention changea son nom en représailles et l’appela, le 2 novembre 1793, département du Bec-d’Ambès. L’année suivante, un député corrézien demanda le retablissement de l’ancien nom […] » BILLY 2011 Grenoble « Le 3 février 1794, la Société Populaire de la ville fit remplacé le nom de Grenoble par Grelibre : un beau calembour qui aboutit à remplacer la finale réinterprétée comme l’adjectif noble, par un adjectif qui relève de la devise républicaine ; seuls quelques actes municipaux en tiendront compte. » BILLY 2011 Marseille « Le 6 janvier 1764, après avoir écrasé la contre-Révolution royaliste, les représentants en mission de la Convention décident que Marseille sera désormais appelée Ville sans nom ; le 12 février suivant, le député Maignet obtient de la Convention le rétablissement de l’ancien nom de la ville. » BILLY 2011 Mont-St-Michel « En l’an II la ville est provisoirement appelée Mont-Michel, en abolissant l’adjectif saint, puis Mont-Libre […] » BILLY 2011 Moûtiers « En l’an II la ville est provisoirement appelée Mont-Salins, du nom de la commune voisine, Salins. » BILLY 2011 Versailles « En l’an II l’île est provisoirement appelée Berceau-de-la-Liberté, en référence à la réunion sur la place de l’assemblée des États-Généraux qui, le 7 juillet 1789, se donna le nom d’Assemblée nationale constituante. » BILLY 2011 !22 ! ! !23 2- Le cas de l’Alsace : STEINHAUSER Julien 2013 (témoignage personnel) : « Le village où j’habite se nomme actuellement Bellemagny [DAUZAT - ROSTAING 1989 : nom germ. baro, d’où Baronswiller (796, 1331), soit l’adj. beau, bel et lat. mansionile.], ce qui sous souveraineté allemande était devenu Baronswiller. D’ailleurs, aujourd’hui encore, les habitants de mon village se disent les barovillarois, à cause de la toponymie allemande. Le village a même un troisième nom en alsacien « Schöne Steinbach ». Il y a plusieurs exemples rigolos. En 1870, l’Alsace devient allemande, les villages francophones du sud de l’Alsace sont germanisés en traduction littérale : Valdieu devient Gottestal, Magny devient Menglatt, Chavannes-sur-l’Etang devient Schaffnatt am Weiher, Lutran devient Luttern. D’autres sont « adaptés » : Romagny devient Willern, Bellemagny devient Baronswiller ; Eteimbes devient Welchen Steinbach ; Bréchaumont devient Brückensweiler. Et rebelote en 39 lors de l’annexion nazie. En 1918 l’Alsace redevient française. Hop, phénomène dans l’autre sens. Parfois totalement ridicule car le français n’est pas la langue de la région. Les traductions de l’État français sont idéologiques et n’ont aucun rapport avec la toponymie : Ballersdorf devient Badricourt et Pfetterhouse devient Fontaine Française. Sous la pression des habitants, les autorités françaises ont finalement restauré la toponymie exacte. Ballersdorf qui devient Badricourt est un superbe exemple : » 823 Balderichsdorff 1188 Badricort 1215 Balerstorf ! 1325 Balerdorf ! 1362 Baldersdorf ! 1426 Baldersdorff ! 1576 Baltersdorff ! 1671 Ballerstorff ! 1731 Badricourt ! 1845 Ballersdorff ! 1915 Badricourt ! 1921 définitivement Ballersdorf. http://www.cc-porte-alsace.fr/territoire-intercommunal/ballersdorf.htm ! !24 3- Le cas du Süd-Tyrol Solo parole, Relitti fascisti in Sudtirolo, sous la direction de: Cristian KOLLMANN, Südtiroler Schützenbund, 2003, Bolzano : « I nomi propri creano identità e appartenenza » « Specialmente i nomi geografici sono un bene culturale che esprime molto sulla storia delle lingue, degli insediamenti in un territorio » « […] doveva […] essere coperto da una toponomastica di stampo italiano. Solo così poteva essere reso credibilie di fronte a tutto il mondo che l’« Alto Adige » tutto intero fosse stato insediamento dei Romani e dei loro discendenti, gli italiani, in modo continuativo. » [Il nome] « Alto Adige allude ad una apertura verso sud e nega […] ogni riferimento al Tirolo stesso ». « Tolomei si sedette alla scrivania, dissotterrò vecchi documenti nei quali un nome geografico era riportato in una determinata maniera, e per tale semplice motivo lo dichiarava « italiano ». In altri casi in cui Tolomei credeva di poter riconoscere il significato di un nome lo « traduceva » in italiano. In altri casi scomodò i santi patroni locali, battezzando il paese con il loro nome. Il suo metodo più impertinente era però quello di dare ai luoghi nomi del tutto arbitrari di stampo italiano […] Tolomei aveva solo una meta : ogni nome, indipendentemente dal suo fondamento storico e linguistico, doveva assolutamente suonare italiano, doveva ad ogni costo rievocare piacevoli associazioni, da collegare possibilmente a noti luoghi in Italia. L’intenzione era quella di far entrare i suoi nomi facilmente nell’uso comune e di essere sentiti il più possibile spontanei e naturali, per fare in modo che ognuno ci si abituasse al più presto. […] l’imperialismo linguistico […] Particolarmente preoccupante è che la grande maggioranza dei sudtirolesi non ci pensa neanche più, proprio come desiderava Tolomei.» Tolomei abusò del ladino in prospettiva nazionalistica « Anche in Catalogna ci si era abituati ai nomi ispanizzati. Nonostante ciò dopo due secoli e mezzo di validità formale essi sono stati abrogati nell’uso ufficiale. » Le frasi che si sentono : Dopo ottant’anni ci si è abituati ai nomi « italiani » I nomi tedeschi sono per gli italiani difficili da pronunciare A chi viene da fuori, l’Alto Adige deve essere presentato come terra multilingue I nomi italiani sono un arricchimento L’ospite italiano non si trova a suo agio… Ogni nome è stato un tempo inventato La storia ha una sua dinamica… Un torto non può essere tolto da un secondo torto « è veramente un torto in entrambi i casi ? » Si deve avere rispetto per gli italiani e non negare loro il diritto di usare i propri nomi Meglio guardare avanti… Affinché si sentano a casa… « italiani […] anch’essi vittime […] » Dal 1948 la Provincia non ha mai applicato la sua competenza primaria in materia di toponomastica. Sono tuttora in vigore i decreti fascisti degli anni 1923, 1940, 1942, con i quali è stata data validità ufficilae a circa 8000 nomi pseudo italiani e autentici (200) e con i quali fu proibito l’uso dei tedeschi e dei ladini. L’uso quindi di questi è tollerato dallo stato italiano. La Provincia non osa toccare i nomi tolomeici. Storicamente cresciuti da usare in italiano : Appiano, Bolzano, Brennero, Bressanone, Bronzolo, Brunìco, Cortina, Egna, Fortezza, Gragazzone, Laives, Magré, Merano, Ora, !25 Postal, Salorno, San Candido, Stérzen, Trodena, Vadena ; Venosta, Passiria, Burgraviato, Pusteria ; Adige, Isarco, Drava ! !26 Liste d’exemples : Forme allemande Forme italianisée Aberstückl ‘cattivo pendio’ Sonvigo (summus vicu) Ahr Aurino Aldein Valdagno > Aldino a causa delle confusioni della posta con Valdagno Vicentino Algund Lagundo Asten ‘pascoli per pecore’ Laste ‘latre di pietra’ Astfeld Campolasta Aufkirchen L’Addolorata>Santa Maria Blumau Prato Isarco Braies Bundschen ‘tipo di calzatura rurale’ Explication 1955, Prima della sua germanizzazione il nome era Aldeno non deriva dall’opera di Tolomei, esonimi ladini sviluppatisi storicamente Ponticino Chienes dichiarate fonti italiane ma in realtà nomi medio alto tedesco Deutschnofen Nova Ponente Durnholz ‘bosco secco’ Valdurna passando per Nova tedesca e pensando a Genova Eores non deriva dall’opera di Tolomei, esonimi ladini sviluppatisi storicamente Falzes non deriva dall’opera di Tolomei, esonimi ladini sviluppatisi storicamente Firmian (Castel Sigmundskron) Firmiano 1473, avrebbe potuto essere Formiano Funes Göflan non deriva dall’opera di Tolomei, esonimi ladini sviluppatisi storicamente Covelano avrebbe potuto essere Caviliano !27 Gossensass Colle Isarco Klobenstein Collalbo Klockerkarkopf Vetta d’Italia Tolomei 1904 Malles Marling dichiarate fonti italiane ma in realtà nomi medio alto tedesco Marlengo Meltina Mühlbach dichiarate fonti italiane ma in realtà nomi medio alto tedesco Rio Pusteria Mules dichiarate fonti italiane ma in realtà nomi medio alto tedesco Nalles dichiarate fonti italiane ma in realtà nomi medio alto tedesco Oberau Oltrisarco Öztal Alpi Venoste e Passirie Passer Passirio Pfitsch Vizze etimol. sbagliata, prelatino di senso sconosciuto, non bosco di protezione Rasun non deriva dall’opera di Tolomei, esonimi ladini sviluppatisi storicamente Renon non derivano dall’opera di Tolomei, esonimi ladini sviluppatisi storicamente Riffian Riffiano avrebbe potuto essere Ruffiano Sarnes Schnals dichiarate fonti italiane ma in realtà nomi medio alto tedesco Senales etimol. sbagliata, prelatino SNALLE ‘canalone’, non baite alpine !28 Siffian Siffiano avrebbe potuto essere Soffiano Siusi dichiarate fonti italiane ma in realtà nomi medio alto tedesco Steinegg Collepietra Sterzing Stérzen > Vipiteno dissotterrando il nome latino di 1500 anni prima Stilves « nessuno di cotesti suoni deformati s’addice al decoro d’una città [… ] » dichiarate fonti italiane ma in realtà nomi medio alto tedesco Stubai Alpi Breonie Breoni popolo prelatino Süd Tirol Alto Adige 1810-1814 (Zona annessa da Napoleone al Regno d’Italia ; pensiamo alla toponomastica rivoluzionaria legata ai fiumi e all’eliminazione del ricordo dell’amministrazione medievale) Con E.Tolomei, 1906 (Sud Tirolo odierno) Talfer Talvera Terlan Terlano avrebbe potuto essere Torlano Ulten Ultimo etimol. sbagliata, nome di persona, non da vallis ultima Uttenheim Villa Ottone Non è il nome Ottone ! Vahrn Varna Valdaora non deriva dall’opera di Tolomei, esonimi ladini sviluppatisi storicamente Vandoies non deriva dall’opera di Tolomei, esonimi ladini sviluppatisi storicamente Vilpian Vilpiano avrebbe potuto essere Vulpiano Waidbruck Ponte Isarco>Ponte Gardena 1938 !29 Winnebach Prato Drava Zillertal Alpi Aurine ! ! !30 4- Le cas de la Vallée d’Aoste ! ! ! Nome originale Nome italianizzato Allein « […] denominato Alleno dal R.D. 22-7-39 […] », DT. Antey-Saint-André « […] denominato Antei S. Andrea dal R.D. 22-7-39 […] », DT. Aoste - Aosta Arnad ? = pas repéré dans DT. Arvier Denominato Arviè dal R.D. 22-7-39. DT. Avise ?, « Dal 1928 al 1946 Avise fu aggregato al comune di Arvier. », DT. Ayas Denominato Aias dal R.D. 22-7-39. DT. Aymavilles Denominato Aimavilla dal R.D. 22-7-39. DT. Bard ? Bionaz Biona ? Brissogne ? Brusson Brussone ? Challant-StAnselme Denominato Villa Sant’Anselmo dal R.D. 22-7-39. DT. !31 Challant-St-Victor ? Chambave Ciambava ? Chamois Denominato Camosio dal R.D. 22-7-39. DT. Champdepraz ? Champorcher Denominato Campo Laris dal R.D. 22-7-39. DT. Charvensod ? Châtillon Castiglion Dora ? Cogne ? Courmayeur Cormaiore ? Donnas Denominato Donas dal R.D. 22-7-39. DT. Doues Denominato Dovi di Aosta dal R.D. 22-7-39. DT. Emarèse ? Étroubles Denominato Etroble dal R.D. 22-7-39. DT. Fénis ? Fontainemore ? Gaby ? Gignod ? Gressan ? Gressoney-laTrinité Denominato Gressonei dal R.D. 22-7-39. DT. Gressoney-St-Jean ? Hône ?, « […] allo sbocco della valle di Campo Laris, […] », DT. Introd ? Issime ? Issogne ? Jovençan ? La Magdeleine Denominato La Maddalena d’Aosta dal R.D. 22-7-39. DT. La Salle Denominato Sala Dora dal R.D. 18-4-35. DT. La Thuile Denominato Porta Littoria dal R.D. 22-7-39. DT. Lillianes Denominato Lilliana dal R.D. 28-11-28. DT. !32 Monjovet Denominato Mongiove dal R.D. 18-12-29. DT. Morgex Denominato Valdigna d’Aosta dal R.D. 15-4-35. DT. Nus ? Ollomont Denominato Ollomonte dal R.D. 22-7-39. DT. Oyace Denominato Oiasse dal R.D. 22-7-39. DT. Perloz ? Pollein ? Pontboset Denominato Pianboseto dal R.D. 22-7-39. DT. Pontey ? Pont-Saint-Martin Ponte San Martino ? Pré-Saint-Didier Denominato San Desiderio Terme dal R.D. 22-7-39. DT. Quart Denominato Quarto Pretoria dal R.D. 28-3-29. DT. Rhêmes-Nt-Dame Denominato Val di Rema dal R.D. 22-7-39. DT. Rhêmes-St-Georges Denominato Val di Rema dal R.D. 22-7-39. DT. Roisan ? Saint-Christophe ? Saint-Denis ? Saint-Marcel ? Saint-Nicolas ? Saint-Oyen Denominato Sant’Eugen dal R.D. 22-7-39. DT. Saint-Pierre ? Saint-Rhémy Denominato San Remigio dal R.D. 22-7-39. DT. Saint-Vincent Denominato San Vincenzo della Fonte dal R.D. 22-7-39. DT. Sarre ? Torgnon Denominato Torgnone dal R.D. 22-7-39. DT. Valgrisenche Denominato Valgrisenza dal R.D. 22-7-39. DT. Valpelline Denominato Valpellina dal R.D. 22-7-39. DT. Valsavaranche Denominato Valsavàra dal R.D. 22-7-39. DT. Valtournanche Denominato Valtornenza dal R.D. 22-7-39. DT. Verrayes ? !33 Verrès Denominato Castel Verrès dal R.D. 22-7-39. DT. Villeneuve Denominato Villanova Bàltea dal R.D. 11-10-28. DT. ! !34 Exemples de toponymes valdôtains Toponyme / Toponimo explication, signification, étymologie possible Antey Peut-être nom lat. Antus avec suff. -ey < -acu(m) Aoste Augusta Praetoria Salassorum Bard ‘hauteur, rilievo’ gaul. Barma ‘abrit sous roche, riparo roccioso’ FEW 1, 223a balma gaul. Becca della Nonna ‘la neuvième heure, la nona ora’ Berrio fp. bèrio ‘rocher, cailloux, masso, sasso’ FEW 21, 35 étymologie inconnue Beséri, Gouffre des Busérailles, Besesse ‘torrent encaissé, précipice’ FEW 1, 312 *bedu ‘canal’ gaul. Bioley fp. bieula, bioula ‘bouleau, betulla’ avec -ey < -etu(m) Bombardon Mont Bardon, p.-ê. ‘hauteur, rilievo’ gaul. Brenvey fp. brenva, brenga ‘mélèze, larice avec -ey < -etu(m) Carema quadragesima galliarum ‘impôt, tassa’ Cervin, Mont lat. silva ‘forêt’ Chabloz fp. tsablo, tsoblo, tsabio, tsobio ‘couloir d’avalanche, couloir pour descendre les troncs, passage dans la neige’ FEW 2, I, 484a katabole Chabodey Peut-être nom Cabodo avec suff. -ey < -acu(m) Charvensod Nom de personne Calventius avec suff. -o(d) < -uscu(s) Chesod fp. tsésó ‘chalet en ruine’ FEW 2, I, 454b casalis Clapey fp. clapèi ‘clapier, pierrier, pietraia’ avec -ey < -etu(m) FEW 2, I, 736a klappa lig.? Cleyves fp. cléva, clèiva, tchéva ‘pente, pendio’ FEW 2, 789 clivus Comba fp. comba, gomba ‘vallée, vallon’ FEW 2, II cŭmba gaul. Cortina fp. corteuna ‘fosse à purin, letamaio’ FEW 2, I, 850a cohors Croux fp. crou ‘creux, incavo’ FEW 2, II 1362 crŏsu gaul.? fp. crou et cro(t), de même sens, pourraient avoir des origines diff. Dar ‘ cascade’, P-ê. ‘dard, dardo, getto’ !35 Doire fp. djouée, djouine ‘eau courante’ Druges, Les fp. dreudze ‘fumier, letame’ Échevennoz Peut-être ‘échevin, amministratore locale’ Etroubles P.-ê. ‘écurie’ FEW 12, 223a stabulum Facebelle Prob. ‘bande de terrain, striscia di terra’ Fenêtre, Col Tautologie pour ‘col, passage’. Cfr. fp. La Portetta, Col Portola Glair fp. gler, djer, ller ‘lieu pierreux, ghiaia’ FEW 4, 149 glarea Goilles fp. goille ‘flaque d’eau, pozza’ FEW 16, 99 *gullja Grand Paradis ‘pente raide, pente à l’abri du vent, pente bien ensoleillée’ FEW 7, 630° parare; *par ‘briller’ gaul. (Tuaillon); FEW 7, 652b paries ‘paroi’ Gressan Prob. lat. *gratianu(m) Gressoney fp. crésson, grésson ‘cresson, crescione’ avec -ey < -etu(m) Issime P.-ê. ‘hauteur, altura’, cfr. Ussel. La Thuile ‘madriers, troncs grossièrements équarris’ ‘raccards en bois’, ‘habitation d’alpage’ FEW 23, 66 inconnu Lavancher fp. laventse ‘avalanche, valanga’ FEW 5, 101a labina, prob. *labinca Lavassey, Lavachey Dans le cas d’un pré fp. lavassa ‘oseille des Alpes’ avec -ey < -etu(m). Dans le cas d’un torrent possible aussi ‘torrent qui peut grossir après pluie torrentielle’ Lex, Lalex Prob. FEW 5, 132b *lake gaul. ‘dalle de pierre’ Lillaz fp. illa, illetta ‘espace entouré d’eau, isola’ FEW 4, 728 īnsula Avec agglutination de l’article, l’illa > lilla Lod, Lac de Tautologie avec fp. lèi, lai ‘lac, lago’ FEW 5, 125 lacus et prob. fp. leu, loou ‘lac, étang, lago, stagno’ FEW 5, 400a *lokwa gaul. Mayen fp. mayen ‘alpage’ FEW 6, I, 62a *maius ‘mai’ Mazod ‘habitation, abitazione’ Merdeux ‘lieu marécageux, luogo umido, fangoso’ Money P.-ê. réduction de fp. mon nér ‘mont noir, monte nero’ Montagne fp. montagne ‘alpage’ FEW 3, III, 103a *montanea !36 Morgex P.-ê. FEW 6, 229a *muricarium ‘tas de pierre’ ou nom de personne et suff. -éi < -acu(m) Nex fp. nés ‘routoir, maceratoio’ FEW 7, 246 *nasiare gaul. ‘rouir’ Perso, Lago Prob. fp. lèi pers ‘lac bleu, lago azzurro’ Peson, Pison fp. peson ‘cascade’, p.-ê. croisement entre fp. pechon et besan ? Cfr. FEW, 21,20 inconnu/ FEW 1, 312 *bedu ‘canal’ gaul. Pessey fp. pesse ‘sapin, abete’ avec -ey < -etu(m) Peutey, Peuterey P.-ê. fp. pouta, peuta ‘boue, fango’ FEW 7, 522a *palta avec suff. -ey < -etu(m) Rosa dei Banchi fp. rouése ‘glacier, torrent glaciaire’ FEW 10, 586b *rusia Rose, Mont fp. rouése ‘glacier, torrent glaciaire’ FEW 10, 586b *rusia Septumian Nom de personne Septimiu(s) avec suff. -an < -anu(m) Serva lat. silva ‘forêt’ Sex, Seez, Sassa fp. sé, séz ‘rocher , masso’ FEW 11, 258 saxum Teppex fp. teppa ‘motte de gazon, zolla’ FEW 13.1, 350 *tĭppa ‘préroman’ Tournalin, Mont ‘mont’ Tramail, Muanda fp. tramaill ‘alpage’ FEW 13, II, 2146 transmutare Travod Prob. de lat. trans et fp. vo ‘vallée’ ‘au-delà de la vallée’ Trois Villes Prob. de lat. trans et fp. veulla ‘ville, village’ ‘au-delà du village’ Truc ‘mont, relief’ Tsa fp. tsa ‘alpage’ FEW 2, I, 1006 calma gaul. ‘lande’ ‘haut pâturage, plateau’ Ussel ! ‘hauteur’ ! !37 BIBLIOGRAPHIE (quelques ouvrages) OKKIÈI ! 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Le contact avec l’Université de Lettres de Turin, le Bureau Régional pour l’Ethnologie et la Linguistique d’Aoste, le Centre d’études francoprovençales « René Willien » de St-Nicolas, dont il est aujourd’hui membre du bureau de présidence, ils lui ont permis d’étudier cette langue sous différentes perspectives : La toponymie francoprovençale par un mémoire de maîtrise, des enquêtes sur le terrain pour le BREL et un doctorat d’approfondissement théorique à l’Université de Turin ; sa grammaire, son enseignement, ses divers systèmes d’écriture et son parcours de revitalisation en Vallée d’Aoste et dans les autres régions de l’aire francoprovençale, en tant que maître de patois, formateur des maîtres de patois lors des parcours de formation organisés par le BREL, collaborateur scientifique au Centre de dialectologie et d’étude du français régional à l’Université de Neuchâtel (Suisse) pendant trois ans, enseignant d’un cours de Sociolinguistique en Vallée d’Aoste à l’Université d’Aoste de 2009 à 2012, participation au stage sur les langues en danger organisé par L’Université 2 de Lyon. Il propose des conférences afin de transmettre cette passion pour le patois, étant un bon divulgateur, il arrive à expliquer des aspects parfois très techniques de façon simple et accessible aussi à ceux qui ne sont pas experts en matière. !45